[STORY] Découvrez le portrait de Mathieu, co-fondateur de Ibémi

 

Article disponible sur le site d’Afropreunariat, média franco-sénégalais, mettant en avant les réalisations de entrepreneurs africains ou issus de la diaspora.

Mathieu, co-fondateur d’Ibémi. 

Jeune entrepreneur français, de père togolais et mère portugaise.  Mathieu a grandi en banlieue parisienne. Diplômé de l’université Paris Dauphine, il s’embarque dans une carrière en finance d’entreprise au sein d’un grand groupe industriel américain. Pendant 5 ans, ce job très intense le mène à vivre successivement á Istanbul, Francfort, Budapest, Cincinnati et Londres. Fin 2017, une expérience humanitaire va bouleverser son plan de carrière.

Au Burkina, Mathieu participe á un programme de constructions d’écoles en zone rurale. Cette aventure l’amène à reconsidérer le sens de son métier et à se rapprocher de ses racines africaines. Il quitte donc son poste de contrôleur financier pour rejoindre une ONG spécialisée dans l’éducation financière des communautés agricoles en Afrique subsaharienne. En parallèle il fonde Ibémi, une entreprise à impact social, à cheval entre la France et le Burkina Faso.

Le produit au coeur d’Ibémi est le fonio, une graine aux nombreuses propriétés nutritionnelles cultivée depuis plus de 5000 ans au Sahel. Depuis peu, cette céréale sans gluten est comparée au quinoa. Un quinoa africain, riche en fer, fibres et protéines. Surtout, le fonio résiste à la sécheresse et n’a besoin que de très peu d’eau pour pousser. C’est pourquoi les paysans sahéliens le cultivent en marge d’autres céréales.

Malgré tous ses bienfaits, le fonio a bien failli disparaître de nos assiettes. La faute à une colonisation céréalière visant à délaisser la culture du fonio au profit de celle du maïs ou du blé. En développant un marché pour le fonio en Europe, Mathieu et son équipe entendent redonner ses lettres de noblesses à cette céréale presque oubliée.

En collaboration avec une ONG de Bobo Dioulasso, ils importent du fonio aux normes biologiques en Europe. Ils le commercialisent ensuite auprès des consommateurs souffrant d’intolérance au gluten ou sensibles aux qualités naturelles de ce produit qui remplace très bien le riz ou la semoule en accompagnement.

Ce dont Mathieu est le plus fier avec cette aventure ?

Réussir à nouer des partenariats équitables avec des petits cultivateurs d’Afrique de l’Ouest et les encourager ainsi à faire vivre un élément précieux du patrimoine culinaire africain. Avec Ibémi, Mathieu est convaincu que le fonio peut aider les personnes souffrant de troubles digestifs ou de diabète dans le monde, tout en améliorant la vie de milliers d’agriculteurs au Sahel.

 
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Tim Badin